Monday, April 6, 2009

L'Etranger, Albert Camus, Étude 5

La mort est un fait de la vie auquel tous les êtres humains doivent forcément faire face. Dans le roman l’Étranger écrit par Albert Camus, il est évident que notre narrateur Meursault aussi se trouve en face de sa mort, un peu plus tôt qu’il était prévenu. Pour ce commentaire composé, nous retrouvons Meursault tout à la fin de l’œuvre, au début du chapitre V de la deuxième partie du livre, ayant déjà condamné à mort pour son crime de tuer un Arabe, et attendant en prison son dernier jour. C’est donc ce passage qui nous intéresse. Il commence par le rejet une visite de l’aumônier dans sa cellule, qui illustre comment Meursault rejet la religion même à la fin de sa vie. Ce rejet se concerne premièrement à l’acceptation de sa propre moralité qu’il veut vraiment échapper. Cependant, Meursault fait tenir sa croyance au hasard de la vie, celle qui soutient de nouveau son refus de la religion et de Dieu, et plus loin, son argument contre la peine de mort.

Intéressons-nous d’abord est le thème du rejet fort présenté dans ce passage. À l’incipit du passage, le narrateur raconte qu’il a « refusé de recevoir l’aumônier » pour la troisième fois (163). Cette action, littéralement, démontre son rejet de la présence de la religion que l’aumônier représente. Le numéro trois est aussi important ici, parce que, dans le sens religieux, il indique la Trinité sacrée, Dieu en essence complète, à qui le narrateur aussi refus entrer dans son esprit. Ces dénis sont tout exprès faits par le personnage principal. À la fin du passage, il se rappelle qu’il se « recroquevillait sous (la) couverture » quand il pense à sa liberté perdue (166). Il se rétracte d’une idée impensable, une action physique du corps, comme un bébé qui se cache des monstres perçus dans sa chambre la nuit. Au milieu du passage, la présence du mot « vomir » évoque encore ce sens du rejet corporel. Il est notable que celui-ci est une action involontaire du corps, telle qui est souvent la réponse du mal. Surtout, au fond de ce thème revenant souvent dans le passage est le refus de Meursault d’accepter sa propre mortalité.

Le thème du rejet se tourne autour de la vraie réalisation du narrateur du fait qu’il doit mourir. Pendant ses derniers jours, Meursault pense souvent à sa propre mort, le « rite implacable, » parce que « c’est la seule chose vraiment intéressante pour un homme » (164, 166). Il est vrai que la mortalité est quelque chose effrayante pour un homme, et c’est naturel. Dans ce passage, Meursault parle d’échapper la mécanique, c’est-à-dire la machine qui va le tuer, mais cela veut dire aussi la mort même. Exactement comme les mortelles dans les tragédies grecques, qui essaient de vaincre les dieux, au fond Meursault veut échapper son destin, celui de la mort. « Ce qui comptait, c’était une possibilité d’évasion, un saut hors du rite implacable, une course à la folie qui offrît toutes les chances de l’espoir » (164). De plus, Meursault parle de l’imagination de la mort qui est plus effrayante. C’est la « prémédition irrésistible » dont il a peur (164). Il dit que son espoir est « d’être abattu au coin d’une rue, en plein course et d’une balle à la volée » (164). Il préfère être tué comme un criminel dans les romans policiers, sans ayant dû penser de sa mort. Cette imagination de la mort s’adresse aux êtres humains. Surtout, le fait qu’« on ne sait jamais » quand il arrivera, selon Meursault, paraître quelque chose du hasard.

            Comme au cours du livre, Meursault parle directement du hasard dans la vie, ce passage s’intéresse aussi à l’imprécis. Les formes verbales diverses du présent, du future et du conditionnel au début du passage amplifie ce sens du hasard. Toute l’histoire du roman est racontée dans le temps passé. Par exemple, la présence du verbe « verra » sans être placé dans le futur passé, pour autrement dire « aura vu, » amplifie une lecture imprécise. De plus, le narrateur se demande l’importance de l’heure où la décision avait été prise, ou les gens qui l’avaient décidée, et au nom d’un peuple « français » ou tout autre il va être tué. Tout cela, pour lui, « avait une disproportion ridicule, » était tellement arbitraire, et en fait était le résultat du hasard, car toujours, « cela ne veut rien dire » (165, 9). Il compare ces faits avec la certitude de son destin à la mort, en remarquant, « dès la seconde où (la décision) avait été prise, ses effets aussi certains, aussi sérieux, que ce mur tout le longue duquel j’écrasais mon corps » (165). Il démontre avec cette comparaison le ridicule de justement prendre telle décision. Dans ce passage, toute à la fin de son œuvre, Camus faire savoir le lecteur sa position contre la peine de mort avec un tel argument.

Ce passage de l’Étranger est donc le véhicule vers l’argument contre la peine de mort que soutient Meursault. Il rejette l’aumônier et la religion à cause d’une croyance à la vie du hasard. « Cela ne veut rien dire. » (9). Or, surtout Meursault, comme chaque être humain, refuse d’accepter sa propre mortalité, en ce moment où se trouve ce passage, en parlant de l’échappement du destin. Cependant, c’est aussi à cause du hasard que Meursault est condamné à mort par un système judiciaire qui est en fait arbitraire. Le hasard, pour lui, est la seule chose concrète dans un monde absurde, et en le comptant, Meursault ne mérite seulement pas son argument, mais il va arriver à accepter son destin final.

Thursday, April 2, 2009

Argumentation de Fénelon, Traité de l’éducation des filles

À la fin du XVIIe siècle, les érudites et les bourgeois s’intéressaient beaucoup à la question de l’éducation des filles. Parmi eux, il y avait François de Salignac de La Mothe-Fénelon, dit Fénelon, un écrivain français et un homme d’Église qui a ajouté à ce débat un point de vue importante en particulier par rapport à la religion. Au beau milieu de son Traité de l’éducation des filles écrit en 1687, Fénelon propose une façon d’inculquer aux enfants des principes moraux et religieux en racontant des histoires. Ce chapitre intitulé De l’usage des histoires pour les enfants, s’adresse aux femmes qui s’occupaient d’abord de l’éducation des enfants, et il s’agit de leur apprendre les mœurs à la même mesure que leurs enfants. Dans cette analyse, nous verrons d’abord le développement de son argument dans chapitre VI, de la pratique du conte et l’avantage de bien concevoir les mœurs au sein de l’histoire. Ensuite, nous examinerons une lecture possible cachée dans son argument. Enfin, nous parlons de sa critique de la société et d’autres hommes d’Église.

Intéressons nous d’abord à l’argument de Fénelon écrit comme une recette d’enseignement, utilisant les phrases de la forme verbale impérative. Il fait une liste des étapes pour raconter des histoires aux enfants. Il leur conseille de faire appel au plaisir, parce que « les enfants aiment avec passion les contes ridicules » ; de le tenir en haleine; de leur raconter d’abord les fables simples des animaux ; de leur encourager de raconter de nouveau librement, et sans votre aide ; de leur faire jouer des personnages différents ; et de se concentrer toujours sur les buts sérieux, car dans cela on trouve le plaisir. Cette méthode, cette façon d’apprendre ouvre selon lui la porte à « une espèce de faim d’apprendre. » Remarquons ici que vers la fin de son propos, Fénelon ajoute de ne pas pousser les enfants, de plutôt laisser venir « leur curiosité pour les choses sérieuses… peu à peu » ce qui, comme nous le verrons plus tard, sera encouragé par la façon de raconter. En revanche, il maintient qu’en s’accoutumant généralement aux histoires, un enfant va désirer entendre de la même façon les histoires de n’importe quel genre, notamment celles qui sont religieuses. C’est à ce moment que nous nous détournons de la pratique, et que Fénelon se met à son sermon.

Dans cette deuxième partie, Fénelon explique comment s’aborder à la religion, et pourquoi raconter des histoires religieuses est important. Il dit qu’il vaut mieux pour l’esprit qu’un enfant ait le goût pour ce genre d’histoire. Celui qui veut apprendre, et puis qui connaît bien les histoires religieuses, va s’approcher volontairement des enseignements moraux au sein de ces histoires. De plus, selon lui, la religion offre les histoires les plus belles et les plus miraculeuses qui nous aident à « retenir les mystères. » Il continue : « c’est par un tissu de faits merveilleux que nous trouvons son établissement, sa perpétuité, et tout ce qui doit nous la faire pratiquer et croire, » et il met en valeur le fait que la façon de raconter influence la compréhension de ce sujet. La suite de son argumentation consiste à donner les exemples des histoires à raconter, pour « montrer, » comme il dit, la pratique ; celles de Moïse et le passage de la mer Rouge, de David vainqueur du géant Goliath, et de la vie de Jésus-Christ. Il préconise surtout de ne pas lister les faits d’une histoire, mais de peintre des belles images dans l’esprit des enfants, justement des filles, pour concevoir et se souvenir du sens moral et religieux. Il semble qu’il parle des arts en général. Toute à la fin, il ne dit quasiment rien sur les tableaux qui peuvent selon lui aider à éveille l’imagination des enfants. Malheureusement, il ne va pas très loin en expliquant les avantages de l’art, et il sort vite de ce sujet.

Derrière ce discours sur  ce qui est noble et moral, on a l’impression que Fénelon transmet une deuxième lecture cachée, un message dont il n’a pas conscience. Nous voyons clairement qu’il lutte contre l’idée que la religion est « ordinaire, comme quelque chose de triste et de languissante » car il tente avec peine d’embellir ces histoires « pour faire en sorte que les enfants trouvent la religion belle, aimable, et auguste. » Évidemment, il s’agit de renverser une idée, déjà présente dans la société, que la religion n’a pas assez de valeur, de beauté, d’importance dans la vie sociale. Surtout, Fénelon charge les femmes d’enseigner leurs enfants d’une façon qui met la religion à la première place. En fait, inconsciemment, Fénelon confie aux femmes la grande tâche de combattre un changement social, celui qui divise d’Église. Ces femmes doivent bouleverser les normes du monde et, dit Fénelon, produire des enfants plus moraux pour être avantageux pour la société. Dans cela, Fénelon est assez féministe, qu’il charge les femmes d’une mission si importante. Sans doute, il y aurait attribué autrement le progrès de cet effort, mais cela s’éloigne trop de notre discussion pour l’instant.

Après tout, il ne faut jamais oublier que Fénelon est un homme d’Église. Il faut toujours penser donc que sa profession suppose forcément une certaine exigence pour enseigner aux gens les mœurs religieuses. Notamment, sa ton n’est point neutre par rapport à l’éducation des filles, puisque cela est surtout l’enjeu à quoi il pense. Par exemple, à partir de sa troisième phrase, Fénelon interdit aux filles d’apprendre les fables païennes, puisque, selon son argument « non-dit, » elles apportent le malheur. De plus, comme nous l’avons vu, il a peut-être le projet de pousser les femmes à combattre contre une société qui s’éloigne de l’Église. Évidemment, Fénelon fait une critique forte de la société et d’autres hommes d’Église avec son argument, disant, « quand on l’ignore (cette façon de l’instruction), on n’a que des idées confuses sur Jésus-Christ, sur l’Evangile, sur l’Église, sur la nécessité de se soumettre absolument. » Il est donc clair que la société s’éloigne de l’Église, et que Fénelon profite de l’occasion pour lutter contre ce phénomène, surtout en chargeant les femmes d’enseigner la religion à leurs enfants.

Monday, March 30, 2009

L'Etranger, Albert Camus, Étude 4

Nous disons que la société dirige la civilisation, et permet aux êtres humains vivre ensemble. Sans l’ordre qu’elle apporte, la vie est le chaos. Justement, dans le roman l’Étranger, Albert Camus décrit la vie d’un homme qui n’appartient vraiment pas à sa société. Notre personnage principal, le narrateur Meursault a commis un crime, c'est-à-dire il a tué un Arabe. Nous le retrouvons tout au début de la deuxième partie quand il a déjà été arrêté par la police pour ce crime, et il est au beau milieu d’être questionné par le juge de l’instruction. C’est donc ce passage qui nous intéresse. Dès le début Meursault ne croit pas en Dieu, un fait qui est accentué par un rappel de l’Antéchrist. Ces éléments font forcément appel à la religion. Cependant, ceci relève de la tragédie grecque, où l’homme mortel essaie de vaincre les dieux. Cette lecture est amplifiée par la répétition de la même question de croyance. En gros, le passage finit en parlant de la société, représentée par le juge d’instruction, et pas de la religion, que Meursault trouve ridicule et sans raison.

Intéressons-nous donc tout de suite la présence forte dans ce passage de la religion. Tout de suite, la présence récurrente du mot « Dieu » montre la mesure de cette présence. Presque chaque phrase contient le mot, ou élabore le sujet. Le juge d’instruction est perplexe devant Meursault qui refus croire en Dieu. Le juge suit sa conviction que « tous les hommes croyaient en Dieu, même ceux qui se détournent de son visage, » en lui exhortant qu’il croit vraiment en Dieu (106). Ce personnage contraste avec celui de Meursault qui semble indifférent de la plupart des choses, notamment la religion. Le juge essaie de trouver le côté civilisé chez Meursault à travers la religion, et il s’est tellement étonné par son comportement, de ne pas avoir « pleuré devant cette image de la douleur » (107). Il harcèle Meursault pour trouver sa motivation de tuer l’Arabe, en essayant, sans réussite, de faire appel aux sentiments religieux. Pour ces raisons, le juge décide que Meursault ne doit pas « faire partie de la famille, » c’est-à-dire à la société, et il l’abandonne (108).

Bien que la religion semble occuper la place d’honneur dans ce passage, et bien pendant le déroulement du roman, l’histoire suit plutôt une écriture de la tragédie grecque. Meursault est un homme qui tue un autre « à cause du soleil » ou bien à cause de l’aveuglement du soleil et de la chaleur ce jour-là (156). On peut dire qu’il est presque fier de son acte, quand il admet son ennui « plutôt que du regret véritable » avec les circonstances actuelles (107). Cela procède du péché hubris, connu notamment par Œdipe. Meursault dépasse les limites humaines en se conduisant comme s’il était parfait. Il est ravi d’« être jamais réjoui d’autre chose de ces rares instants » d’être appelé Antéchrist par le juge d’instruction, puisque cela veut dire qu’il a convaincu Dieu (108). Par ses actions, il s’expose comme un homme qui se moque plus de l’ordre social : il se moque de Dieu.

En revanche, il est clair que Meursault rejette la société, à laquelle la religion et Dieu appartiennent, parce qu’il les trouve ridicules. Dans ce passage, le ridicule est mis en cause de nouveau par les actions déraisonnables du juge de l’instruction. Il fait sans cesse des gestes de trouver la vérité, en anticipant des résultats différents, comme un fou. Justement, il continue, « s’écriait d’une façon déraisonnable » à lui demander la même question, s’il croit en Dieu, comme « la machine, qui n’avait pas cessé de suivre la dialogue » (106-7). En fin, il attaque Meursault avec une image du Christ en douleur. Finalement, sa fatigue à la fin du passage, quand « il est retombé sur son fauteuil… (avec) l’air très fatigué », quand évidemment il laisse tomber Meursault avec son immoralité, pour quelqu’un de « criminel » et plus d’un « Monsieur Antéchrist, » tout cela démontre plus loin que le juge n’a jamais essayé de le comprendre depuis le début de l’entretien (109). Sans doute, c’est le juge qui se présente d’une façon irrationnelle, comme il se débarrasse complètement de la raison, et se rend ridicule au même temps qu’il rabaisse sa religion et la société en totale.

Ce passage est donc très éloquent dans la mesure de la poésie bien défini de l’Étranger, telle que la dégradation d’une personnage ou la caricature. C’est une caricature de la société de quoi il a témoigné. Ces axes de la tragédie grecque et du ridicule se retrouvent souvent dans le reste du roman. En rejetant d’accepter les normes de la société, Meursault finit par paraître le personnage le plus raisonnable du texte. Même s’il y reste dans le texte de l’absurde démontrée souvent par la double lecture, nous nous rendons compte du sens de la vie selon Meursault. Ce phénomène fait partie de notre condition humaine, et l’Étranger est justement un exemple d’une découverte de la valeur de l’existence sans être borné par la société. 

Thursday, March 19, 2009

Monday, March 16, 2009

La poétique de l’ambiguïté dans L’Étranger d’Albert Camus

La clarté et l’obscurité jouent des rôles importants dans l’œuvre l’Étranger d’Albert Camus. L’histoire d’un homme algérois qui vient de perdre sa mère, le roman parle de la philosophie qui concerne tous les êtres humains. Ce qui est toujours une question de la certitude et de l’indéfinie, la philosophie qui se présente particulièrement dans cette œuvre, si vraie, menace de détruire les supports de l’ordre de la société. Donc, pour aller au fond de sa philosophie et l’annoncer d’une façon accessible, il vaut mieux se demander comment Camus joue avec les deux côtés. L’Étranger de Camus, appartient-il à la poétique de l’ambiguïté, ou tout est-il bien éclairé ? Nous verrons d’abord que les événements de l’histoire et les descriptions physiques du roman sont clairement présentés. Nous passerons ensuite au manque de sentiment chez le narrateur ce qui le lecteur se méfie. Enfin, nous discuterons la philosophie de l’auteur transmise à travers le narrateur qui éclaire cette écriture apparentement contradictoire.

L’œuvre de Camus présente l’histoire d’un homme simple qui s’entend bien avec le lecteur. C’est une histoire de Meursault racontée par lui-même, un homme comme n’importe quel homme, qui a une routine tout à fait normale. Il travaille régulièrement en Algérie à tel point que son « patron avait l’air mécontent » quand il lui a demandé deux jours de congé (31). Il habite dans un quartier avec les gens qu’il connaît comme les amis Raymond et Emmanuel. Il va « déjeuner chez Céleste comme d’habitude » (34). Il profite du soleil et il se baigne dans la mer pendant le week-end. Plus tard, il est fiancé à Marie, sa petite amie (67). De plus, il semble avoir une vie tout à fait normale quand il endure la mort de sa mère, « une chose qui devait arriver un jour ou l’autre » et un fait de la vie qui va arriver à tout le monde (53). En tout cas, il participe dans la société avec tout le monde. De plus, il ne se démarque même pas de l’être humain en mettant les événements en valeur. Quand Raymond veut savoir ce que Meursault pense de l’histoire de la tromperie de sa maîtresse, il lui dit « je n’en pensais rien, mais que c’était intéressant » ; quand il demande à Meursault ce qu’il ferait à sa place, il lui dit « on ne pouvait jamais savoir » (51). Meursault reste à part des affaires des autres, et quand ses amis ont besoin de conseil, il ne donne que ce qui est vague et vide d’opinion. Bien sûr, les événements du roman ne sont pas difficiles à énumérer ; Meursault lui-même parle dans un style sec des événements du quotidien comme il ne fait rien que quantifie les événements de sa vie, mais il se concentre méticuleusement sur les détails de son environnement tangible. Il s’intéresse à « la serviette roulante qu’on utilise est tout à fait humide » le soir, à tel point qu’il fait le connaître à son patron qui trouve cela « sans importance » (41-2). Chez Céleste, il note les « gestes saccadés… les mêmes gestes précis d’automate » d’une petite femme qui s’assied pour déjeuner à sa table ; mais, lors qu’elle part, il l’oublie assez vite (69-71). Surtout, il fait attention aux vêtements de Marie, « une belle robe de raies rouges et blanches et des sandales de cuir, » « une robe de toile blanche et ses cheveux (lâchés), » disant toujours qu’il a envie d’elle à cause de cela (55, 75). Et de plus, il ne valorise point ses observations. C’est à cause de ces descriptions soigneuses et de l’accessibilité des événements en général que le lecteur est encouragé à participer à l’histoire avec le narrateur et à s’approcher de lui car il est comme tout le monde. C’est ainsi que le lecteur s’associe au narrateur et lui fait confiance.

Toutefois, l’histoire est présentée par un narrateur qui est à la fois ambivalent et détaché de ses sentiments. Ce phénomène se manifeste dans les sentiments de Meursault envers sa mère. Ayant été interrogé, il répond « sans doute, j’aimais bien maman » (100). Or, dès la première ligne, Camus ne s’intéresse point à la vie de sa mère. Il ne connaît pas l’âge ni la date exacte de sa mort : « Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas » (9). Il ne savait pas non plus qu’elle avait un fiancé, Monsieur Pérez, à l’asile où il ne lui a jamais rendu visite. Tout cela confond le fait s’il aime vraiment sa mère. Intéressant, le même sentiment semble manquer dans ses rapports avec Marie, la fiancée de Meursault : « Elle m’a demandé si je l’aimais. Je lui ai répondu que cela ne voulait rien dire, mais qu’il me semblait que non » (57). L’autre cas où il semble vide de sentiment est le meurtre de l’Arabe. Certes, il est vide de remords, « je ne regrettais pas beaucoup mon acte » et, contre les attentes de la société morale, il se détache de sa culpabilité en disant qu’il l’a tué « à cause du soleil » et de la chaleur ce jour-là (152, 156). Cependant, il rend ses vrais sentiments confus quand il ajoute qu’il « n’avait jamais pu regretter vraiment quelque chose » (153). Ce manque d’émotion chez le narrateur rend Meursault antipathique et exclut le lecteur d’une histoire qui semble être liée avec sa propre vie. En fait, cela rend difficile du lecteur de se rapprocher du personnage de Meursault. Il se méfie donc du narrateur.

C’est peut-être le personnage observateur et ambivalent de Meursault qui brouille la vue du lecteur afin de faire une critique de la société. Toute au long de l’œuvre, le lecteur cherche le sens des actions du narrateur. La société aussi le poursuit en justice surtout pour connaître son mobile pour tuer l’Arabe. Sans explication acceptable, la société lui refuse une place, et il est condamné à mort, « la tête tranchée sur une place publique au nom du peuple français » (162). Sans sentiments, le lecteur perd le but des événements dans le livre, « cela ne veut rien dire, » et il se méfie de lui (100). Enfin, les actions de Meursault tout basculer l’idée bien ancrée dans les gens que la vie a un but essentiel. Camus même partage l’avis existentiel de Meursault que « rien, rien n’avait d’importance » dans la vie (181). C’est la raison pour laquelle Meursault rejette quelques normes de l’humanité, notamment les sentiments de tristesse, d’amour, de remords parce que, vraiment pour lui, « cela ne veut rien dire » (100). À cause de ce rejet, il est considéré comme un criminel, comme « rien d’humain, » comme un véritable « Antéchrist » qui menace de faire déstabiliser toute l’humanité avec son idée impensable (153, 109). Certes, c’est la raison pour laquelle il est condamné à la mort.

En somme, le lecteur s’approche du narrateur et semble entrer dans l’histoire à cause des événements quotidiens et des détails du monde physique soigneusement traité dans le roman. Cependant, en réalité, le lecteur reste en dehors l’histoire en raison d’un narrateur manquant de sentiment pour le monde autour de lui. Tantôt, on entre dans l’histoire, tantôt, on est exclu. Le livre même est obscur dans la façon qu’on le lit. Cette rupture en fait, invite le lecteur à souscrire à la philosophie du narrateur par rapport à la société absurde qui manque de but ultime. En même temps qu’il discrédite son narrateur, l’auteur fait tomber les croyances bien ancrées dans les êtres de la société pour offrir une idée toute neuve à la civilisation, et même très difficile d’apaiser. Alors, c’est l’obscurité de son narrateur qui éclaire la philosophie de l’auteur, et qui rend ce livre inoubliable.

Monday, February 23, 2009

L'Etranger, Albert Camus, Étude 3

La description spécifique de la scène est aussi importante que les événements qui se déroulent à l’intérieur. Souvent, elle se trouve dans les thèmes d’un passage, elle exagère les types de personnages, et certainement, elle donne le ton au narrateur. Dans le cas de l’Étranger par Albert Camus, la description de la scène dirige fortement le rythme de l’action à la fin du chapitre un, pendant que Meursault participe à l’enterrement de sa mère. Pour réaliser la description dans l’œuvre, il souligne les éléments des cinq sens, se concentrant sur la vue avec un zoom sur la lumière et les couleurs. Chaque expérience sensorielle décrite par Meursault amène l’action de plus en plus vite, et aide à la mise au point de sa propre perspective.

Pendant le passage, Meursault s’intéresse souvent à la chaleur de Marengo, où résident les vieillards de l’asile. Il remarque le soleil et surtout, il constate la sueur : ceux qui l’essuient comme l’employé des pompes funèbres, ceux qui la laissent comme le directeur, et comment lui, Meursault, la combattre en l’éventant avec un mouchoir (27-8). Il explique comment la sueur s’écoule de ses joues, ou ne coule pas sur le visage de Pérez à cause de ses rides (30). Certainement, il le fait pour démontrer la différence entre les personnages de la scène en parlant de leurs capacités d’adaptation à la chaleur, et son incapacité de surmonter son propre espace sensoriel.

Ce qui est aussi frappant dans le passage, c’est la présence des sons et des couleurs dans le texte qui constituent la mise en scène. Meursault décrit les alentours de la route comme la campagne pleine du bourdonnement des insectes et « des crépitements d’herbe, » tant qu’ils font tressaillir l’air chaud. Ces sons donnent une vibration à la scène qui trouble la perception, aussi que l’encens de l’enterrement obscurcissant la vue comme une drogue. En outre, les couleurs évoquent les symboles forts. Meursault parle du rouge des oreilles de Pérez, et il indique celui de son sang, des géraniums dans le cimetière, et de la terre qui couvre éventuellement la bière. À partir de ces exemples, il semble que le rouge est la couleur qu’il associe à la mort. Ailleurs, Meursault a la préoccupation de la lumière du soleil qui éclate sur les surfaces noires, notamment sur le goudron, sur la voiture et sur la bière. Il est obsédé par l’effet de vernis construit par la lumière « blanche » et chaude, et les surfaces noires, qui font fondre la réalité de cette expérience dans la chaleur du jour.

La chaleur, les sons bourdonnants, les couleurs et la lumière ajoutent au mouvement des actions dans ce passage. Dans l’incipit de ce passage, Meursault perçoit le soleil montant rapidement dans le ciel, comme vont arriver les actions suivantes. Tous les événements se sont « mis(es) en marche(s) » au rythme des pas de Pérez qui « claudiquait légèrement, » au rythme instable, manquant de la fluidité (27). À partir de cela, tout se passe avec de plus en plus de vitesse, et tout devient confus: Meursault perd Pérez de vue de temps en temps, et ne le retrouve pas sur le chemin du cortège, mais en dédoublant le champ autour de la route. Meursault est lui-même « perdu entre le ciel bleu et blanc… et le monotonie de… noir, » ou bien entre ce qui est clair et ce qui est obscur de réalité et de ses idées (29). Les phrases courtes qui se déroulent vite sans périodes et le bus qui avance péniblement rendent le passage aussi confus que Meursault.

Le narrateur donne la description des alentours pour encadrer les actions dans une scène. Dans l’Etranger, Meursault se concentre sur les descriptions de ses propres sens, insistant sur le toucher, l’ouïe, et la vue en particulier. C’est son expérience des actions qui dirige la rythme et la vitesse de la scène jusqu’à la fin du chapitre. En traversant sa perspective, Meursault met le lecteur dans un véritable tourbillon des événements, et il rend confus l’espace ou la réalité, comme il est perdu dans ses idées.

Monday, February 16, 2009

L'Etranger, Albert Camus, Étude 2

La perspective d’une œuvre donne le ton à l’histoire. Il est important de parler de comment les faits sont présentés par l’auteur, et ici par le narrateur, car ils transmettent les informations importants au lecteur. Le narrateur raconte un récit à la première personne, présentant ses expériences et les autres personnages. De toute façon, le lecteur ne se présent pas d’une manière traditionnelle. Il est incapable de s’exprimer, de parler de ses sentiments ; il énumère plutôt les événements. Cette analyse du passage, venant du livre l’Étranger écrit par Albert Camus, se tourne autour au début de l’œuvre quand le narrateur se présente à l’asile de vieillards. Il le visite pour voir le corps de sa mère qui est morte il y a quelques jours.

            D’abord, il est bien d’analyser qui parle pour placer les personnes et les faits importants dans le premier plan. Partout le passage, même s’il raconte à la première personne, tout le monde parle semblant autour de lui, et non pas à lui. Avant et après il les passe, les vieillards dans le couloir fait un « jacassement assourdi de perruches, » et un grand silence pendant (13). Par suite, le narrateur ne parle presque jamais, et les autres personnages expliquent pour lui, supposent ses sentiments. Par exemple, il essaie d’expliquer pourquoi il a rarement rendu visite à sa mère à l’asile, mais le directeur le coupe et suppose qu’elle devait s’ennoyer avec lui car elle était vielle et lui, jeune (11). Puis, quand il ne veut pas parler, ou bien n’a aucun envie d’offrir les raisons pour lesquelles il n’a pas envie de voir le corps de sa mère, le concierge continue lui encourager de s’expliquer, ce qu’il trouve bizarre et déplacé (14). De plus, dès qu’il a envie de communiquer avec d’autres personnes, dans ce cas pour mieux comprendre de quoi sa mère est morte, ils ne lui laissent pas le faire, ici l’infirmière cache son visage derrière « la blancheur du bandeau » (15). Pendant que tout le monde parle de lui, il ne se présente presque jamais dans ses propres mots.

            Cependant, le lecteur reçoit quelques vues par rapport au narrateur qui ne se réfère pas alors même qu’il soit un récit à première personne. En particulaire, on a l’impression d’agacement chez le narrateur, et bien sûr du détachement des autres. Par exemple, il est dérangé avoir aller à l’asile, « parce que cela me prenait mon dimanche » même s’il reçoit deux jours de congés à cause de la mort de sa mère (12). Puis, quand il arrive à l’asile, il est pressé de « voir maman tout de suite » et reprend sa vie normale, mais son usage de falloir signale son agacement de la nécessité de rencontrer le directeur premièrement (11). En tout cas, il partage l’avis du directeur que les visites à sa mère auraient dû gêner les deux après un temps, à cause de l’habitude dans leurs propres vies. Ces traits de personnage se présentent ensemble comme un véritable thème dans ses actions et dans sa vie.

Alors, la question qui reste est pourquoi écrire une oeuvre à la première personne quand le narrateur parle peu ? Pourtant, il est nécessaire de dire que le narrateur parle d’une autre façon. Il décrit les actions des autres, et il raconte son expérience de l’extérieur à propos de son intérieur. Il veut montrer vraiment ses expériences à travers son point de vue, sans valoriser l’expérience. Il ne veut pas moraliser le lecteur disant que tel ou tel est bon dans la vie et l’autre n’est pas bon, comme font les règles religieuses, par exemple. En fait, la raison pour laquelle l’Étranger est écrit de cette manière est que le narrateur est existentialiste. Il a envie de montrer sa propre vie, la seule qu’il en a, et comment il a choisi de la diriger. C’est une raison contre quoi l’on ne peut pas lutter.